12 novembre 2008

Les Balinais, culture et coutumes



Bali au milieu de l'Indonésie a une résonance particulière, par son statut d'ïle touristique ainsi que par sa culture hindoue alors que l'islam est la religion dominante en Indonésie.





Bali est un lieu touristique qui n'a pas perdu son âme. A Kuta, le nerf de la fête, de la Bintang Beer, et de l'Australien déchaîné, on peut apercevoir tous les matins les Balinaises faire des offrandes aux dieux. Elles sortent de la maison ou du commerce et déposent après une courte prière l'offrande, celle-ci sera destinée à éloigner les esprits malins, c'est le don qui dissuadera les mauvais dieux d'entrer. Des fleurs d'ibis, de l'encens, des biscuits, des bonbons, et parfois même une cigarette (!) soigneusement disposés dans une coupe en feuille de bananier tressée. La même offrande reposera à l'intérieur de la maison, celle-ci pour attirer les esprits bienfaisants.
La culture religieuse ici n'a pas perdu du terrain face au tourisme de masse, elle demeure ancrée dans les gestes du quotidien, dans la façon de penser et dans les coutumes.
Nous parlons d'une religion qui a les mêmes racines que l'hindouisme indien mais qui est différente. Parmi les dieux, la trinité principale se retrouve, mais les épopées divines ne correspondent pas à celles que j'ai appris à reconnaître en Inde, les (innombrables) dieux secondaires ont peu de points communs… Bref, la religion hindoue a plusieurs visages. Tout comme le christianisme d'ailleurs, un monde sépare notre société judéo-chrétienne de celle des chrétiens animistes de Lombok qui sacrifient des bœufs pour chaque enterrement depuis que les sacrifices de jeunes gens ne se pratiquent plus (enfin, il parait que ça ne se pratique plus, mais il y a des communautés plutôt isolées, dans la jungle…).

Mais retournons à Bali donc, où les défunts ne sont pas enterrés mais incinérés. Je n'ai pas cherché à voir des crémations, rappelez-vous, le spectacle avait déjà comblé mes sens (hum hum!) à Varanasi en Inde. Pendant mon séjour à Bali, en plein Jeux Olympiques, les gros titres de la presse locale portaient davantage sur la crémation royale qui avaient lieu à Ubud. Un membre de la famille royale s'est fait incinérer à Ubud, le centre sacré de Bali, et, si je n'ai pas pu assister à la procession, je peux vous montrer quelques impressionnantes photos prises par une amie (merci Lola!) qui donne une idée de l'ampleur de la cérémonie…


La procession dans les rues d'Ubud, devant le Palais Royal.


La tour où repose la dépouille avant que tout ne soit brûlé.



Détail de la tour.


Une coutume qui pourrait avoir disparu tant elle semble d'un autre âge, quasi tribale, c'est le limage des dents. Il s'agit de rendre les canines de l'enfant plus pointues, à l'âge de 7-8 ans . La cérémonie du limage des dents est importante, elle marque la fin de l'enfance, on perd ses "dents de chien". Et c'est quelque chose cette étape, car le chien est l'animal le plus vil dans l'échelle des réincarnations. Il faut dire qu'ils sont partout dans les rues, errants, puants, porteurs de maladie… Mais le monde est bien fait: il existe une sorte de mesure de salubrité publique déguisée en célébration religieuse qui consiste à sacrifier le maximum de chiens dans une période donnée pour apaiser les dieux, une fois par an. Et il ne s'agit que des chiens à pelage brun, roux ou jaune. On dirait une blague bizarre, mais je vous jure que c'est la vérité. Je l'ai constaté, il y a moins de chiens errants à la mi-août!
Agung Rai, une cérémonie religieuse. Procession sur la plage.

Pour revenir aux Balinais, c'est un peuple confiant dans la justice des réincarnations, et pour cela, il n'y a pas d'escrocs, pas de voleurs, pas de criminels. Pas ou très peu. En général, les voleurs, mendiants et autres filous qui ont senti l'argent du tourisme sont des musulmans de Java ou de Borneo. Je précise que la dureté de la loi indonésienne, bien terrestre celle-là, suffirait à dissuader! Peines de mort pour les trafiquants de drogue, amendes incroyablement lourdes pour des actes de vol ou de petite criminalité… Et on ne déconne pas avec une police corrompue. Ou plutôt si, il faut déconner! Réussir à faire rire le policier en cas de problème peut sauver une situation inconfortable, on me l'avait dit et répété, et j'ai dû en faire un cas pratique au début de mon séjour, pour voir si c'était vrai. Ça a marché. J'avais grillé un beau stop en scooter (le carrefour était désert bien sûr) : j'ai évité une amende d'un million de roupies (80€) d'amende en faisant rire le policier! Heureusement aussi que j'avais permis international, casques (pour moi et mon pote à l'arrière), et un peu de tchatche héritée de quelques mois en Inde. Je lui ai donné 6000 roupies (50 cents) et roulez jeunesse. Good for you, good for me, boss!



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Les surfeurs indos sont rarement originaires de Bali. Les esprits malins résidant dans la mer (les esprits bienfaisants habitent la montagne), les Balinais ne sont enclins originellement ni à la pêche, ni aux joies de la baignade… Parmi la jeune génération de surfeurs indonésiens, peu sont donc Balinais, même si la peur de l'eau n'a plus vraiment cours parmi les jeunes. Les jeunes qui surfent s'habillent à l'occidentale, écoutent du rap, du rock, bon, ils ne mangent pas chez McDonald's parce que un, c'est cher, deux, c'est pas bon. Ces surfeurs in the vibe, ils sont beaux, talentueux, désirés par toutes les jeunes filles en quête d'exotisme… et c'est la marche du monde: ils se font ensuite entretenir par la demoiselle qui est américaine, japonaise, ou française bien sûr!
En général, je me retiens de juger, surtout quand on est dans l'affectif. Mais j'ai vu de ces pigeon(ne)s quand même…
Pour finir sur une note agréable et qui sent bon le cliché, je célébrerais la magnifique propension de tous ces gens à sourire… On dirait que tout le monde est tout le temps de bonne humeur, en exagérant un peu. C'est juste fascinant, il faut le vivre pour le croire.


Post à venir: mes petits bobos à Bali?

14 octobre 2008

La nuit.



Je vous la raconterai de vive voix la nuit. Les Nuits de Bali. Cette nuit à qui j'ai donné et qui m'a bien rendu aussi!


De la photographie épicée avant ou après des fêtes délirantes, ornées de riches rencontres.
Des lieux fabuleux, chacun avec leur particularité... leur faune dansante, leur son déjanté, leurs ambiances électriques, et l'espace, l'espace à l'intérieur de ces clubs. Je connais les moindres recoins de l'MBargo, du Sky Garden, du Paddy's à Legian et de la Vida Loca à Seminyak et de l'Ocean Beach Club sur Kuta Beach Road.



Je me sentais surtout bien entouré, par des gens chaleureux et intéressants. Et c'est peut-être ça qui compte le plus. Avoir été entouré par des amis.





SALUT LES AMIS

6 octobre 2008

L'amour à Bali



Un post sur l'amour à Bali?

Je me suis avancé là… On est partis pour un post très personnel les amis.

Je voulais peut-être vous parler d'une jeune fille appelée Indah.
Elle travaillait dans le bar "Papa Andy's", situé à l'angle Benesari, juste en arrivant sur Legian depuis la plage. Enfin, Benesari, vous voyez de toutes façons? C'est là où j'ai eu mon accident de scooter (ah mince je vous ai pas raconté…). Indah le joli sourire qui intercepte mon regard en passant devant le bar en scooter, juste avant de me prendre un autre scooter en pleine face (faudra que je vous raconte quand même!). Indah, qui me prend la main un soir et me charme avec son rire et son singe. Cet intrigant petit animal qui joue à reproduire vos mimiques et à vous escalader le visage. Je parle du singe là, vous avez bien suivi j'espère! Denny, il s'appelle. Le charmeur a 4 mois et il capte toutes les attentions. Un soir, le premier d'ailleurs, on est assis sur la plage à s'embrasser et on se demande au bout de 5 minutes pourquoi on ne se fait escalader par un macaque grand de 15 cm. Denny a disparu! On le cherche dans les palmiers entre la route et la plage, la lampe de poche braquée vers le haut, à l'affût du petit animal. 1 heure à chercher! Puis le lendemain, quelqu'un lira le message qu'on a laissé sur le muret en partant et nous appellera le matin pour nous dire qu'il a trouvé Denny devant la supérette de la plage, poussant des petits cris de faim. Petit macaque, va!




Indah, elle était sensuelle. Elle vient de Bornéo, ailleurs en Indonésie. Elle est venue pour faire la saison il y a quelques mois de cela, après avoir travaillé 7 ans dans un salon de massage-spa à Hong-Kong. Voilà. J'ai frémi, un peu, quand elle me l'a dit la première fois. Un fantasme de plus réalisé à Bali. Indah parfois était mieux qu'un fantasme.


On est resté trois semaines ensemble seulement parce qu'elle a déconné.


Bon ça va, elle pleure et dit qu'elle ne savait pas si je voulais rester avec elle. Bien sûr que je voulais! Alors faisant taire la voix de l'égo, j'ai décidé de pardonner. Pour que l'histoire continue, pour qu'on continue à nous poursuivre sur la plage parce qu'on est trop beaux comme couple avec le petit singe entre nous deux, et photo et photo et photo. Merci je n'étais pas prévenu, mais le voilà mon quart-heure de gloire: photographié par des touristes avec un singe sur la tête et une jolie locale au bras! On rigolait bien de ces épisodes tous les deux.


Et puis quelques jours après elle a redéconné. Je me suis retrouvé d'abord en colère. Puis déçu, la trouvant soudain ennuyeuse et stupide. Stupide de me perdre comme ça, de façon stupide. Le pire c'est qu'elle regrettait. C'était pathétique. Et stupide.

J'ai eu des aventures avec d'autres filles avant et après Indah. Et j'ai aussi adoré ce voyage à Bali pour tous ces moments de tendresse, libérés de la pensée du lendemain ou non, sages ou exubérants, dansants ou causants…


L'amour à Bali est volatile, l'amour à Bali est un oiseau.

25 septembre 2008

Quand photographie rime avec money.

Après une soirée magnifique, je suis allé sur la plage. Avec mon trépied, mon appareil photo, une bouteille d'eau, et plein d'idées.


Je vous présente le résultat de cette nuit de photos (j'ai shooté jusqu'au lever du soleil) et de celles qui ont suivies. Toujours dans une sorte de folie créative, un état de conscience modifié, je veux dire, orienté pour donner le meilleur que je possède. Et bien sûr avec une avidité d'efficacité: réussir LA photo que j'ai en tête. Je suis souvent arrivé très près du résultat escompté. A ce moment-là, toute l'énergie mentale que je mets en action m'abandonne. Je me sens libéré, je reprends conscience de ma respiration, ma tension se relâche. Parfois je me sens même vidé. Jusqu'à ce qu'une autre idée surgisse; alors je me mets à refaire les réglages techniques sur l'appareil et me revoilà entièrement tendu vers mon but.



Pendant ces fins de nuit à Kuta Beach, quand des lève-tôt venaient me voir, j'ai eu du mal à entrer dans la conversation... Les Balinais sont adorables et viennent facilement tailler la bavette (pourtant j'adore me prêter au jeu, surtout en indonésien!), mais j'avoue que, sans les éconduire, je n'étais pas très open!



Voici la première série de ces photos de nuit:








Un autre soir:





Avec Stéphane, une belle série avec pour thème le surf:





4h du matin, pleine lune, avec deux Allemandes:





Cette même nuit, j'ai rencontré Ksenia. Devinez quel est son job en Russie? Elle est model :) Pour la première fois, je photographie un mannequin professionnel! Elle rentre tout de suite dans le jeu. A l'écoute de mes directives, elle tient parfaitement la pose, bouge exactement quand je lui dis. On s'éclate tous ensemble, ses copines sont avec nous, et j'ai mon pote Julien avec moi: il est trop heureux de poser avec elle!! Mais qui ne le serait pas?







Pour finir, deux photos prises au Sky Garden (mon club favori), pendant les travaux:






Ces photographies ne sont pas retouchées par ordinateur. J'ai donné un nom aux photos que je préférais, et j'ai numéroté les tirages. La toile canvas présentait la meilleure qualité d'impression: c'est donc le support que j'ai privilégié chez mon imprimeur.

Bon et maintenant que je vous ai présenté ça, question: est-ce que ça vous plait??!

Les photos sont toujours à vendre (celles-ci et plein d'autres, je ne vous montre ici qu'un échantillon de chaque série..) et en attendant que mon site commercial soit en ligne, JE PRENDS LES COMMANDES ICI! :)

2 septembre 2008

Catching the wave




Pourquoi Bali est-elle tant associée au surf?

Parce que c'est l'île de quelques-uns des meilleurs spots au monde. Et pour cause, Bali, favorisée par les doux vents de l'Ocean Indien, bénéficie pendant pour les meilleurs jours d'une houle admirablement régulière...

Des touristes prenant des leçons couchés sur leur planche dans le sable de Kuta Beach jusqu'aux aux surfers sponsorisés qui vont se frotter aux dangereux "reef break" (dans les récifs de corail) dans les eaux peu profondes d'Uluwatu, il y a du surf pour tous les niveaux ici.

Pour ma part, j'avais fait quelques sessions à Biarritz et Lacanau (spots très connus ici, même si le surfer habitué aux eaux chaudes du Pacifique va déplorer la température de l'eau aux abords de nos côtes landaises) mais je n'avais pas retenté l'expérience en Australie. Melbourne est loin d'être le meilleur endroit pour pratiquer. Et puis je travaillais dans ma ferme, vous vous rappelez?

Arrivé ici le premier jour, seul, j'ai loué une planche. Il faut savoir que les planches ont différentes tailles, différentes "shapes" (type de planche). En bref, il y a des planches longues de 9 pieds (2,75m) avec laquelle on arrive au pic avec une rame, et les plus petites boards font dans les 5 pieds (1,50m). Plus la planche est grande, plus il est facile d'attraper la vague et de tenir son équilibre, mais c'est un surf moins rapide et pour les "aerial tricks" (figures), les surfeurs utilisent exclusivement des "short" (planches courtes). Oula je me rends compte qu'il y a pas mal de vocabulaire en fait! Vous tenez le coup?


Alors j'ai loué une long board comme celles que les filles ont, là, juste au-dessus. Pas trop longue, une 7 ft. Au début j'ai joué dans la mousse. C'est-à-dire lorsque la vague a cassé: pas besoin de ramer car on est entraîné par la vitesse que la vague a déjà et le challenge est d'améliorer ses "take-off" (quand on passe de la position couché à la postion debout, moment décisif) et de marcher en avant en arrière sur la planche pour bien sentir les différences d'équilibre. Tout ça s'apprend plutôt instinctivement. Mais c'est ce que les touristes Japonais apprennent pendant 8 jours à l'aide de leçons ultra-chères... C'est après, pour aller dans le grand bain, pour aller vraiment surfer, que le deuxième jour, la Providence a placé sur ma route l'ami avec qui j'allais rester jusqu'à hier 4 heures du matin. Stéphane, professeur d'Education Physique et Sportive dans l'Education Nationale et surfeur confirmé.







Rip Curl Pro Search: la compétition "Somewhere"






Pour apprendre, il faut d'abord observer.


Et tant qu'à observer les surfeurs, mieux vaut regarder les meilleurs!


Alors j'ai bougé à Uluwatu, un spot hyper célèbre où quand les conditions sont réunies, les vagues sont hautes, forment des "barrels" (tubes) et échouent sur du corail vivant. En marée basse, c'est impressionnant de voir ces riders, tout expérimentés qu'ils sont, sortir de l'eau avec la moitié de la peau du dos dechiqueté par des formations coraliennes acérées, tranchantes, vivantes (les risques d'infections sont énormes à la moindre petite blessure sur du corail vivant). Bref, sans pitié les micro-organismes. Il faut être vraiment malade pour surfer des vagues plus hautes que soi dans un endroit où on a de l'eau jusqu'à la taille...!



Pour la compèt' Rip Curl, il n'y a pas eu trop de blessés. En même temps, ce contest réunit les 44 meilleurs surfers du monde... Il s'agit d'une des 12 étapes du Championnat du Monde. "Somewhere" parce que le lieu est tenu secret. "Quelque part" en Indonésie. Mais ici, l'information circule vite, surtout parmi les surfers. On sait quand tel spot va marcher, i.e quand la houle arrive, ou quand il vaut mieux louer des films pour la semaine. J'exagère, car il y a toujours un endroit où aller s'amuser.


Moi, je crois que je prends autant de plaisir à photographier mes potes depuis la plage qu'aller dans l'eau et m'éclater avec mon petit niveau encore bien sage.



Je ne vous fais pas un compte-rendu de la compétition, parce que les lecteurs qui n'ont rien à carrer du surf vont se mettre à me jeter des fruits de la passion pourris. Mais sachez que j'ai eu l'occasion de voir des styles de surf vraiment impressionnants, et que l'ambiance parmi les spectateurs et les photographes était hyper sympa, j'ai fait plein de rencontres:


--"Salut ça va? ah t'es français j'adore! moi je viens d'une petite île, ça s'appelle Hawaii"


--"Hey mate! non cette année je suis pas rentré dans les 44... hé ça te dit de venir faire la fête avec nous ce soir? rhum à volonté mec!?"


--"8 mois de voyage putain, respect! Et tu reviens en France pour la suite du championnat à Hossegor en septembre?" "..."








D'autres photos du contest:

On accède au spot en traversant des grottes, c'est juste magnifique...





Que des filles superbes... A croire qu'à l'entrée du site, on filtrait les moches.


Photo prise depuis la falaise. Yeaah, that's a wave!



Interview d'un champion sur le coral reef.






Le public se régale. (Dois-je préciser que personne n'est là par hasard?)









Les deux finalistes Hawaiiens Andy IRONS (1er) et Frederick PATTACHIA (2ème) ont pris ensemble la dernière vague du RIP CURL Search 08. Petite émotion!







Et c'est fini, tout le monde rentre dans son bungalow ;)







Deux de mes photos de la compétition ont été publiées dans la Gazette de Bali (http://www.lagazettedebali.info/ ), le journal des expatriés français à Bali. C'est un mensuel très lu par tous les francophones ici, avec des articles de bonne qualité... Bref, j'ai été assez flatté! Je mets très vite l'article en ligne pour vous.

A venir: UNE GALERIE DE PORTRAITS