10 août 2008

Auroville

Auroville, c'est donc un projet débuté en 1968 sous la houlette d'une française, Mirra Alfassa, connue partout en Inde sous le nom de "La Mère", et qui fut la compagne spirituelle de Sri Aurobindo, un philosophe indien qui a laissé une pensée célébrée dans toute l'Inde (et ailleurs). Une pensée dite "de l'homme nouveau".

(paragraphe suivant > source: Wikipedia)
Le projet originel de la ville prévoit 4 zones (internationale, culturelle, industrielle, résidentielle) aménagées autour du Matrimandir, occupant 25 km2 (actuellement 10 km2 sont réalisés). La ville est supposée avoir la forme d'une spirale galactique une fois sa construction achevée. Auroville devait à l'origine accueillir 50 000 habitants.
Auroville se compose de l'agglomération d'environ 80 villages répartis dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres, qui abritent une communauté internationale d'environ 1 800 résidents dont les 2/3 de 33 nationalités différentes.
A leur arrivée, hommes et femmes trouvèrent un site aride, sans eau. Ils creusèrent des puits et, pour faciliter le pompage, installèrent des éoliennes, un réseau d'évacuation et d'adduction d'eau, développèrent des activités artisanales et un centre de traitement informatisé…
La Mère parlait du projet en ces termes : « Il doit exister sur Terre un endroit inaliénable, un endroit qui n'appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… »

On devient Aurovillien après une période d'"essai" de quelques mois, après, une sorte de jury se réunit pour évaler votre intégration, et pour voir à quels projets vous avez participé. Bref un conseil de sages qui décide si le candidat mérite la "nationalité" aurovillienne ou pas!

C'est un monde assez étrange. D'abord, ce qui frappe, ce sont les bâtiments: une architecture débridée, parfois loufoque, souvent intéressante. Des architectes du monde entier sont venus à Auroville pour réaliser des structures qui tiennent souvent du fantasme accompli. A Auroville, il y a beaucoup beaucoup d'argent. Provenant de dons, d'un marché immobilier florissant, et de toutes les activités commerciales labellisées "Auroville" (c'est-à-dire tout ce qui est made in Auroville: bijoux, huiles, plantes, vêtements, objets de déco et des milliers d'autres choses) qui générent des revenus considérables. Les Aurovilliens ne manipulent pas de liquidités, il ont un compte bancaire spécial, et quand ils achètent quelque chose, seul leur numéro de compte est demandé. C'est l'ashram qui gère toutes les finances de la ville.
Un ashram? C'est une organisation à vocation religieuse. Ca désigne aussi le lieu où l'on se dédie à un effort consacré à la recherche d'un certain détachement spirituel. L'ashram d'Aurobindo a une grande influence à Pondichéry également, on peut venir y prier sur le mausolée de La Mère, et énormément de monde croit et cultive la pensée développée par Sri Aurobindo.

Je ne me lancerais pas dans une critique approfondie de ce qu'est devenue aujourd'hui cette cité utopique, d'abord parce que j'estime y être resté trop peu de temps pour avoir creuser la question, et puis parce que ça ne m'intéresse au final que moyennement. Je laisse ça aux frénétiques du débat stérile: c'est un vrai sport pour certains!

Il n'en reste pas moins que Auroville a dévié de ses buts premiers dans le sens où de nombreuses personnes à l'origine du projet se sont insolemment enrichies, et que le système des financements de l'ashram est loin d'être transparent.

La question du rapport entre les Aurovilliens venus d'Occident avec les Indiens d'Auroville (oui il y a des Indiens à Auroville!) suscite de nombreux débats aussi. J'ai même entendu le mot "esclavage", du grand n'importe quoi à mon avis... d'après ce que j'ai vu, et en parlant avec des Occidentaux et des locaux, oui, de nombreux Indiens travaillent pour Auroville, mais ils sont libres de choisir leurs projets et la plupart résident à Auroville parce qu'ils croient en Aurobindo. Ce sont des choix, et on ne préjuge pas de la liberté individuelle aussi légèrement. Evidemment il y a eu des exemples de manipulation, mais cela est aussi un des produits de l'idéologie capitaliste libérale dominante, comme de tout autre système de pensée, y compris les idéologies qui refusent justement toute aliénation de la liberté humaine.

Si vous voulez prolonger la réflexion, l'espace des commentaires vous est grand ouvert!

Prochain billet: Bali, Indonesia!

Quelques photos à venir...

2 commentaires:

Julien a dit…

Ouais balance des photos d'Auroville qu'on se fasse une idée de ce à quoi cela peut ressembler.

Sinon c'est marrant en lisant le début de la description du concept Auroville je me disais "wahou y'a moyen que ça parte trop en dérive ce système", la fin de ton billet semble le confirmer.
Si même les hippies n'arrive plus à résister aux sirènes du libéralisme, on est vraiment dans la merde, héhéhé.
L'homme est pas foutu d'appliquer une idéologie correctement, faut toujours qui la torde dans un sens ou dans un autre.

Enfin bref, balance les photos et fissa, j'ai pas que ça à faire... Ah on me fait signe que si en fait jai que ça à faire...

A+

Belette a dit…

T'es à la bourre dans la tenue de ton blog, ça fait 2 mois que t'es à Bali déjà...

Heureusement que je suis là hein.. :D